Les émotions et le cancer

Cette semaine j’ai voulu aborder ce sujet pourtant si vaste, que sont les émotions dans le contexte du cancer. Parce que c’est souvent ce qui empêche d’avancer dans la vie, lorsque la même émotion négative revient en boucle et empêche toute évolution … Dans les raisons d’aborder ce sujet, j’entends déjà certaines qui me disent « Ah oui, en plus les émotions négatives ça provoque le cancer » … Nous reviendrons sur cette notion également.

Quelles sont les émotions souvent associées au cancer ? Le site de la Société Canadienne du Cancer en fait une très bonne liste, associée à des façons de les gérer. La liste recense la peur et l’incertitude, le déni, la colère, la culpabilité, le stress et l’anxiété, la solitude et l’isolement, la tristesse et la dépression, l’espoir et l’adaptation. Chacune d’entre elle pourrait être (et sera un jour) l’objet d’un article en soi … Je ne reprendrai pas les techniques et astuces proposées sur ce site, très bien fait. Ce que je retiens de mes différentes lectures et de ma pratique, ce sont deux grands aspects.

 

Quelle que soit l’émotion, il faut l’exprimer.

Garder une peur ou une tristesse pour soi ne fera que favoriser les ruminations. Et penser que se taire est un signe suffisamment évident pour que vos proches le remarque, c’est en général se fourvoyer. Et le jour où vous n’en pourrez plus de vous taire, il est probable que vous explosiez en agressant au passage vos proches qui ne comprendront pas forcément … Il existe différents moyens de les exprimer. Simplement en partageant ce qu’on ressent avec ses proches, et les besoins qui en découlent (par exemple, j’ai peur, j’aimerais qu’on passe du temps ensemble … Ou bien je suis fatigué, j’aimerais rester un peu seul). On peut également écrire au lieu de parler : dans un journal, dans un blog, un futur livre … Certaines personnes choisissent d’échanger avec des personnes moins proches initialement, comme d’anciens patients passés par le même parcours ou des professionnels de l’écoute comme les psychologues par exemple.
Il existe également différents outils, plus ou moins étudiés scientifiquement, utilisables seuls ou avec l’aide d’un professionnel de l’écoute. Me viennent en tête (et en vrac) les thérapies cognitivo-comportementales, l’EFT (emotional freedom technique), la sophrologie, l’hypnose, la communication non violente …

La légende que les émotions négatives pourraient provoquer le cancer ou sa récidive.

Alors imaginez la personne triste et déprimée par sa maladie, angoissée parce qu’elle n’arrive pas à faire que qu’on attend d’elle … Il vient se rajouter en plus la culpabilité de ne pas réussir à penser positivement et à provoquer sa propre maladie ?!? Noooooooon !!!!!!
D’un point de vue des recherches, de plus en plus de chercheurs essaient d’étudier les émotions d’un point de vue physiologique. Le stress et ses conséquences sont particulièrement étudiés, mais le lien entre cancer et émotions négatives est très loin d’être démontré.
Alors déculpabilisez-vous pour ce point là et choisissez de parler de vos émotions négatives pour d’autres raisons. Ce peut être simplement pour se sentir mieux, avec soi-même et avec ses proches. Gérer la colère peut apaiser les tensions familiales, partager ses peurs peut permettre de se rendre compte que nos proches ont les mêmes et de se sentir ensuite plus fort face à elles.
C’est ce que propose José Savard (oui encore elle, j’en suis fan) dans son livre « Faire face au cancer par la pensée réaliste ». Au lieu de chausser des lunettes roses qui essayent de nous persuader en vain que tout va bien aller, et au lieu de chausser des lunettes noires qui nous persuadent en général trop facilement que ça ne va pas aller, qu’il va y a voir récidive, elle nous propose de chausser des lunettes claires, celles qui permettent de voir la réalité comme elle est, sans toutefois perdre l’espoir. De dire stop à la tyrannie de la pensée positive. Mais tout en continuant d’espérer que le meilleur peut survenir.

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Depuis que je vis aux Etats-Unis, j’ai aussi découvert le concept de « Healing ». Guérir intérieurement, émotionnellement, spirituellement (ce mot semble assez vaste), même si la maladie elle-même peut ne pas guérir. Et ce domaine n’est certainement pas réservé aux seuls médecins …
Sans forcément vouloir s’embarquer dans une « guérison émotionnelle », je pense que partager ses émotions permet quand elles sont négatives de les rendre moins lourdes à porter, et quand elles sont positives, comme l’espoir par exemple, d’aider nos proches à continuer de traverser les épreuves rencontrées.
Et vous ? Avec qui ou comment partagez-vous vos émotions ?