Parler du cancer quand on est expatrié … Dire ou ne pas dire ?

J’ai « payé de ma personne » la semaine passée. Je viens donc de m’expatrier aux Etats-Unis et je m’intéresse de ce fait aux problèmes spécifiquement rencontrés par ceux qui sont touchés par la maladie (la leur, ou celle de leurs proches) en expatriation. Et en réfléchissant, qui est la première expatriée que je connaisse ? Ma maman ! Elle est danoise et vit en France depuis environ quarante ans, avec mon papa français. Il y a un peu plus de trente ans maintenant, elle a perdu son père à l’âge de soixante ans d’un cancer du poumon et quelques années plus tard son frère à l’âge de quarante ans d’une tumeur cérébrale … Je n’étais pas née pour le premier, et ne garde quasiment aucun souvenir pour le second. Alors j’ai interrogé ma maman…

Une chose qui m’a marquée c’est qu’à plusieurs reprises elle a eu l’impression qu’on ne lui disait pas tout pour ne pas l’inquiéter, elle qui était loin. Et pourtant je crois qu’elle a été mise au courant de chaque chose importante au « bon moment », c’est à dire dès que les proches restés au Danemark savaient ce qu’ils devaient annoncer.

 

Quand on est loin … Comment parle-t-on de ce sujet déjà tabou quand on est proche ?

Pour le côté technique, du « temps de ma maman », l’internet n’existait pas encore, et elle a fait explosé la facture de téléphone avec ses proches, qu’elle avait tous les jours au téléphone. phone-499991_1280
Aujourd’hui, avec l’internet, o  n utilise Skype ou Facetime, et souvent on « prend rendez-vous » pour être devant son ordinateur au même moment et à la même heure. Mais quand le rendez-vous ne peut être pris que quelques jours plus tard … On a le temps de se poser mille questions sur la façon d’annoncer les choses… J’en reparle plus bas.
Dans mes recherches, j’ai aussi découvert les « Carnets à Seattle », blog d’un français expatrié qui lors de son diagnostic de leucémie aiguë et devant le nombre de personnes à prévenir, à fait le choix de tenir ses proches informés par le biais de son blog. Le blog est une façon plus large de parler de son cancer à ses proches, ainsi qu’à une communauté parfois plus anonyme. Passer par l’écriture est parfois plus simple pour certaines personnes.

La question suivante est de savoir quoi dire …

Je n’ai pas de recommandation toute faite pour cette question. A chacun son rythme … Certains ont besoin de tout dire, d’autres ont besoin de « digérer » eux-mêmes avant de donner aux autres « à digérer ».

J’aimerais simplement vous dire qu’un proche qui sait ce que vous traversez sera plus à même de vous apporter un soutien qui peut être précieux pour vous. Un proche à qui vous aurez dit de quoi vous pensez avoir besoin sera également plus à même de vous apporter de l’aide. Parce quelqu’un qui vous dit « je suis de tout cœur avec toi » c’est important, mais quelqu’un qui vous rend le service qui vous dépanne vraiment à ce moment là (et certains services peuvent se rendre à très longue distance parfois), c’est encore mieux.

Enfin, quand on est loin et qu’on se demande si notre proche malade nous dit tout (ou parfois simplement comprend tout), il peut être bon de demander l’avis directement du médecin (quand on est très loin, il pourra faire une exception et vous parler sans forcément vous avoir rencontré, surtout si votre proche l’a prévenu auparavant) …

 

La distance de l’expatriation peut changer les rapports avec vos proches. Les occasions de se parler sont plus rares, mais elles sont parfois plus intenses. Dans des situations de crise, ne pas trop se poser de questions et rester spontané permet de donner les informations simplement et en retour de recevoir un soutien précieux.
D’ailleurs tout ceci est vrai au moment de l’annonce du diagnostic, mais également tout le long de l’évolution, y compris lorsque la période de rémission commence.

 

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