De l’art de prendre une décision médicale

De l’art de prendre une décision médicale …

Je redémarre tout doucement mon travail, alors que mon petit garçon va fêter ses 5 mois. J’ai découvert la joie d’être maman, mais aussi les inquiétudes d’être maman. Rien de très grave, mais suffisamment pour que j’aille de médecin en médecin pour lui et que je doive prendre des décisions médicales pour lui.

Aussi j’aimerais vous proposer une technique, apprise en préparation de mon accouchement, mais qui peut tout à faire être étendue à d’autres domaines de la santé. Il s’agit de la technique BRAIN.

B comme bénéfices.

quel est le bénéfice attendu d’une procédure, d’un traitement, de la recherche d’un diagnostic. Est-ce en terme de survie ? De qualité de vie ? Votre médecin pourra vous expliquer ce qui se produit le plus souvent, mais il ne pourra toutefois pas garantir tous ces bénéfices. De plus, ils seront à interpréter en fonction de votre mode de vie, de vos valeurs, de vos attentes.

R comme risques.

quels sont les risques possibles. Et quelle est la fréquence de ces risques ? En fonction de l’importance de la procédure ou du traitement, vous ne déciderez pas forcément de prendre les mêmes risques. Décider d’une chimiothérapie à haut risque (d’infection, de troubles digestifs…) qui peut guérir (comme dans le cas d’une leucémie) n’est pas la même chose que de décider d’un 4ème type de chimiothérapie dans un contexte de soins palliatifs d’un cancer multi-métastatique.

Souvent les médecins parlent de balance bénéfice-risque et s’arrêtent ici. Et souvent cette balance est très équilibrée et ne suffit pas à se décider. C’est ce qui m’arrive en ce moment : le choix d’une procédure à faible risque (mais douloureuse pour mon petit), dont le bénéfice aujourd’hui peut-être grand comme minime. C’est là qu’il faut poursuivre la démarche.

A comme alternative.

Quelles sont les alternatives à cette procédure / à ce traitement. La balance bénéfice-risque sera à reposer pour chaque alternative.

I comme intuition.

C’est là que le médecin aura beaucoup de mal à vous aider. Que vous dit votre intuition ? Que vous disent vos tripes ? Il est parfois difficile de se connecter à cette intuition, et il faut parfois savoir se donner un peu de temps avant de donner sa réponse.

N comme nothing / rien.

Et si on ne fait rien ? Et si on ne fait pas de traitement ? Et si on ne cherche pas un diagnostic ? Que pourra-t-il se passer ? Et si j’attends un peu, est-ce que ce qui m’est proposé aujourd’hui sera possible plus tard ? Est-ce que la maladie sera alors différente et donc les possibilités différentes également ? C’est une option que les médecins ont parfois du mal à envisager. Mais si elle l’est avec sérieux et en connaissance de cause, alors ne rien faire peut être une option.

 

Voilà !!! Utilisez cette technique intelligente intitulée BRAIN (pardonnez le jeux de mot) quand une décision ne parait pas aisée à prendre. D’ailleurs, en vous écrivant cet article, je crois que j’ai à peu près pris ma décision.

Le petit truc en plus ? Je vais encore en discuter avec le papa … Prendre l’avis d’un très proche peut être une bonne chose. Mais multiplier les avis de tous le monde peut simplement vous rendre confus sans vous aider.

Je vous laisse maintenant peser vos pour et vos contres. Et sachez que ne pas se décider est déjà une décision …