De la peur de la récidive du cancer

L’avez-vous déjà entendu ce dialogue là ?

” Et voilà madame, les traitements sont finis. Et les résultats de vos scanners sont bons ! On ne voit plus aucune trace de votre cancer. C’est super !
– Alors je suis guérie ?
– … (Silence gêné, ou pas) Voyez-vous, il existe un risque théorique de récidive. Vous êtes en rémission complète, mais on entame à présent la période de surveillance. La première année, elle sera plutôt rapprochée, tous les 3 mois. Et si tout va bien, elle s’espacera un peu ensuite. C’est après 5 ans de surveillance qu’on ose parler de guérison.”

 

Des mots importants viennent d’être prononcés : rémission et non guérison, risque de récidive, surveillance … Vous y aviez peut-être déjà pensé seule, mais votre médecin vient officiellement de suspendre cette épée de Damoclès au dessus de votre nuque…

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Mais de quoi a-t-on réellement peur ? Et à quel point ?

Les consultations hyper régulières pendant la chimiothérapie donnent une impression de sécurité. Si le cancer devait revenir, le médecin devrait s’en apercevoir ? Et puis tant qu’il y a de la chimio, il ne peut y avoir qu’un recul du cancer, non ? Mais quand ces visites s’espacent, cette peur peut s’intensifier. Et ce mal de tête qui commence ? Une métastase cérébrale ou une simple migraine ? Et cette toux depuis 3 jours ? Une métastase pulmonaire ou le rhume de l’école des enfants ? Chaque petit symptôme peut devenir une montagne de doutes.

La peur de la récidive du cancer commence seulement à être analysée de façon un peu plus commune, même si certains chercheurs canadiens comme Josée Savard ou Sébastien Simard travaillent sur le sujet depuis longtemps.

Si on analyse la peur de façon plus fine, on peut avoir peur de différentes choses : de mourir, de souffrir, de devoir subir à nouveau de la chimio, de laisser des proches seuls (un époux ou des enfants par exemple).

Il est normal d’avoir ces peurs, qui concernent 39 à 97% des patients. À moins qu’elles ne deviennent envahissantes … Qu’elles vous empêchent de mener votre vie …

Mais alors, comment “gérer” cette peur ?

Quand elle est normalement présente, celle-ci s’estompera avec le temps qui passe. Elle pourra parfois ré-augmenter dans les périodes qui précèdent les rendez-vous de contrôle. Mai la peur n’évite pas le danger (et ne le provoque pas non plus d’ailleurs). Aussi ne doit-elle pas vous faire repousser ces rendez-vous. Les contrôles faits à l’heure permettront de vous rassurer plus vite ou de prendre en charge plus précocement l’hypothétique récidive.

Certains centres anti cancer proposent une consultation avec un psychologue lors de la consultation de fin de traitement… N’hésitez pas à en profiter, ce thème pourra alors être abordé.

Comme toute peur, il est important d’en parler. La verbaliser auprès de quelqu’un qui a une écoute active vous permettra de mieux comprendre cette peur, et d’apprendre à l’apprivoiser pour recommencer à fonctionner. Le choix de l’interlocuteur est important car il ne s’agit pas seulement de vous répondre que “Ça va aller!”

C’est un des concepts développés par Josée Savard : mettre fin à la tyrannie de la pensée positive et faire face au cancer par la pensée réaliste. Si cette toux persiste plus d’une semaine, j’irai voir mon médecin traitant. En attendant je me soigne comme un rhume. Il s’agit d’une attitude active qui peut être utilisée quand la peur devient présente de façon invasive, même en l’absence de “symptôme d’alerte”.

 

Et vous ? Avez-vous peur de la récidive ? Avez-vous trouvé la personne qui sait vous écouter ? Si vous le souhaitez, nous pouvons nous rencontrer pour une séance gratuite et en discuter.

 

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